VENDREDI 29 JANVIER : 8H30 - L’invité de RMC et
BFM TV, n’est autre que Dominique de Villepin, relaxé »
la veille. Un bon coup qu’une telle invitation, en un temps
record, du maître à penser orienté de la station, sieur Bourdin.
Depuis la veille, où l’on avait appris que Sarkozy ne faisait
pas appel, tout s’annonçait pur le mieux. De Villepin était
tout sourire. De Villepin, le plus littéraire des politiciens,
avait vite oublié qu’une « pièce » de procès
s’apparente, par certains côtés, à une pièce de Racine, ou
toute autre pièce, avec plusieurs actes. Donc le premier acte était
joué. De Villepin pensait la pièce terminée… Et soudain, en
pleine émission, Jean-Claude Marin, procureur de Paris, annonce
qu’il fait appel.Autre bon coup. Cette fois-ci, émanant
d’Europe 1. Elkabach et Marin assistent en direct, aux
premiers effets de la bombe. A l’évidence, De Villepin est
ébranlé, perdant de sa superbe. Le visage se décompose. Que soit
l’invité, ou le journaliste au verbe acerbe, leur sourire
complice s’est brutalement estompé. Comme s’ils avaient
reçu un bon coup de massue sur le cuir chevelu ! De Villepin
reprend ses esprits et sa combativité : « je connais
suffisamment Jean-Claude Marin , s’exclame-t-il sur un ton
qui a perdu sa sérénité du début de débat. Il ne souhaitait pas que
le premier procès ait lieu car il savait, je l’ai entendu de
sa bouche qu’il n’y avait rien à me reprocher dans
cette affaire ».
Entendant semblables propos, le procureur
s’étrangle presque en buvant son thé –tradition
d’Europe 1 que ce petit déjeuner- il avale de travers. La
phrase de Villepin, elle ne passe pas à côté : « M. de
Villepin ment, je ne lui ai jamais dit une chose pareille. »
Et c’est précisément sur les mensonges de Monsieur de
Villepin que le Procureur dans son réquisitoire, avait insisté.
Propos démontrés, preuves à l’appui. Comme les juges
n’en ont pas tenu compte, logique qu’il fasse appel.
Ils ne pouvaient ignorer cet aspect de l’affaire Clearstream.
Si on ment à plusieurs reprises sur des points de détail, on peut
mentir sur un fait d’importance capitale. Marin prétend avoir
fait appel en conscience. C’est plausible. C’est un
procureur humilié, bafoué, dans ses attendus jugés quantité
négligeable, voire nulle, qui a fait appel. Le procureur est un
homme de convictions, ce certitudes. Quel intérêt aurait poussé
Gergorin et Lahoud à fausser des listings ? par contre,
l’intérêt, pour Villepin, apparaît plus évident. Sarkozy
aurait pu être mis en examen… et finie, la présidentielle.
Ne serait resté qu’un seul prétendant.
K.