PEUT-ON SE COUCHER DEVANT … BAYROU (3,6 % AU PLAN NATIONAL)

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Voici un politicien qui crache sa haine sur Sarkozy depuis bien avant les Présidentielles.
Voici un politicien à géométrie variable qui passe tel accord avec la gauche à Marseille, pour battre la droite, tel accord avec la droite à Bordeaux pour battre la gauche.
Bref, ce qu’Edgar Faure, réputé pour ses va-et-vient d’un parti à l’autre, par ailleurs radical bon teint et comme les radis qui ont donné le nom aux radicaux (rouge et blanc selon…) il incarne le changement permanent en fonction des vents favorables ou défavorables.
« Vous me traitez de girouette… vous n’avez rien compris, ce n’est pas la girouette qui change, c’est le vent ! » Ainsi s’exprimait celui qui fut président aussi, de la Chambre des députés et qui, coïncidence curieuse, bégayait comme Bayrou à ses débuts. Avec le temps, l’un et l’autre améliorèrent leur élocution. Sans doute appliquèrent-ils sur quelque grève des mers du nord ou du sud, la méthode du grand orateur Démosthène qui mettait des mini-gallets dans la bouche et s’employait quotidiennement à des exercices fastidieux. Quoi qu’il en fût, Edgar Faure fut un grand orateur.
Bayrou a encore beaucoup de chemin à faire…Pour l’heure, sur ce chemin, il sème  comme le Petit Poucet, espérant qu’on le suivra. Au premier tour des élections municipales, son Modem a fait : 3,6%…
3,6 % un chiffre qu’a repris au vol… Fillon, et dans un premier temps, Ségolène Royal : « faisons des accords nationaux avec le Modem…. » Au temps de Pâques, la lèche est permise… mais dans les enceintes religieuses exclusivement. M. Bayrou, le croyant pratiquant le sait sachant aussi que ce type-là de lèche a une tout autre dimension.
Hollande quant à lui, plus catégorique, plus distant, fin politique, mais aussi madré, il a martelé : » Non et non. Gardons note personnalité. Nous n’allons pas nous aplatir devant M. Bayrou ! ». Ségolène a entendu le message 10 sur 10, revenant sur ses propos, montrant en l’occurrence sa fragilité ». Un gant de fer qui recouvre une main molle…
Fillon lui a poursuivi ses appels, prêt à tout faire pour permettre à M. Bayrou d’accéder à « sa mairie », celle qu’il convoite depuis qu’il portait des petits pantalons retroussés, élève studieux qui rêvait un jour d’être Henri IV (d’où son livre hagiographique) et de promettre ensuite la poule au pot aux Palois. Manque de pot, les poules ne seront pas au rendez-vous…
Revenons un instant à Hollande.
Nul n’a parlé jusqu’à présent des alliances (83 exactement) que le parti socialiste a nouées avec l’extrême gauche et notamment avec Besancenot. Hollande, et c’est évident, vise 2012. Il veut gagner. Pas avec Bayrou et son centrisme flou, vague, sans consistance, mais avec Besancenot et les durs de la gauche extrême. Ça c’est du solide. On sait où l’on va ! Avec Bayrou, c’est la rêverie. Un jour, c’est blanc, un autre c’est rouge. Bref, c’est Bayradin (son surnom). Vous remarquerez que dans Bayradin, il y a Bayradi. Lui, par contre, plaît à la télévangéliste, Ségolène Royal. C’est quasiment le même style. Qu’elle aimerait cheminer en sa compagnie ! Le problème, c’est qu’il veut être le chef, et elle… la cheftaine. Une dyarchie dans notre République, ce n’est pas possible. Que faire alors ?
Progressivement, les yeux se dessillent et l’on note que Bayrou n’a qu’une seule idée en tête : il veut être Président en 2012. Pour le devenir, il faut deux conditions :
1.    que Sarkozy s’écroule dans les sondages. C’est mal connaître Nicolas, le hargneux, le fier. Il saura dire une seconde fois : « Casse-toi… »Il mise aussi, Bayrou dit le radin avec sa charrue quand on oublie de compter ses poulinières, ses chevaux de courses…. Sur le départ de Sarkozy pour une autre aventure avec ses amis milliardaires. Un mandat pourrait lui suffire. Il y aura davantage à gagner du côté des Bolloré et autres richards. Puis, il y a la carrière de Bruni. Pourquoi ne la prendrait-il pas en mains ? Ce sera nettement plus agréable !
2.     Bayrou mise sur la division de la gauche. Pléthore de candidats, de rivalités, de luttes sournoises, de règlements de comptes, OK Corral… Déjà, il vise un ticket avec Juppé. Comme Premier Ministre, d’où son aide pour la conquête de Bordeaux. Juppé a des casseroles d’emplois fictifs, mais les Français sont oublieux…
3.    Il encore une plus grande subtilité encore : pousser un candidat de l’UMP ou apparenté à se présenter. Bayrou arriverait en tête ou second… premier ou deuxième, devant ou derrière Fillon. Les socialistes étant relégués à la 3e position. AU deuxième tour, Bayrou qui s’est tant démené pour plaire aux socialos, sauf à Ségolène qui attendit vainement qu’il répondît à l’interphone alors que rendez-vous avait été pris… Ségolène qui déjà avait subi un affront lors du débat entre les deux tours face à un Bayrou indécis.

Indécis, c’est bien le qualificatif convenant à ce Béarnais. On l’a vu à l’œuvre à l’Education Nationale. Avec lui, il n’y eut aucune réforme, aucun syndicat dans la rue. Le paradis quoi ! Alors qu’avec Sarkozy et sa bougeottephilie, c’est l’enfer à chaque instant.
Bayrou aime respirer. Tranquillement. À son rythme. Il deviendra vieux. Et pendant ce temps, la France prendra, avec lui, un sacré coup de vieux.

KYBEZKI

bayrou, hollande, sarkozy, segolene

mardi 11 mars 2008 21:50 , dans LE P"TIT JOURNAL DE K.



1 commentaire(s)

  • muriel mar 11 mar 2008 23:15
    etonnante analyse mais fort instructive .les clivages ont la peau dure ! etes vous parisien ?
    une votante modem ...


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